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21/01/2015

Deux montargois (?) partis faire le djihad...

Une mère de famille du Montargois a vu brutalement ses deux fils prendre les armes au nom d'un islam intégriste. Difficile pour l'entourage de comprendre la radicalisation de ces deux jeunes, qui semblaient mener une vie tranquille.

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«Il m’a téléphoné alors qu’il était déjà dans l’avion. Il m’a demandé si j’avais lu la lettre qu’il nous avait laissée. »

Ce jour de juin 2014, le ciel est tombé sur la tête de la maman de S., 18 ans. Le jeune homme, qui a grandi dans une petite commune du Montargois, a choisi, sans prévenir sa famille, de partir faire le jihad en Syrie.

Il est parti seul, rejoindre son frère aîné Y., arrivé là-bas deux mois avant. « L’aîné nous avait dit qu’il voulait partir étudier le Coran en Turquie. On n’a pas compris, on aurait préféré le Maroc (le pays d’origine de la famille). » Sauf que la Turquie ne sera, pour le grand frère, qu’une étape avant la Syrie où sévit un conflit sanglant depuis 2011.

L’information selon laquelle le fils cadet était parti en Syrie circulait depuis quelques mois dans le cercle des personnes qui l’avaient côtoyé.

Elle s’est confirmée ces dernières semaines car on le voit sur une vidéo diffusée sur Internet, dans laquelle apparaissent d’autres jeunes combattants. Arme à la main, il y tient des propos très durs. Sur sa page Facebook, où il a publié une photo indiquant qu’il a été en Irak, et son compte Twitter, il a également posté des photographies de lui, toujours une arme dans les mains.

 

Comment ce garçon qui n’a pas encore 20 ans, sans histoires, visiblement bien intégré au vu des témoignages de personnes qui l’ont rencontré ces dernières années, a-t-il basculé vers le jihad??

« Quelqu’un de posé, 
pas agressif »

L’année dernière, à la même date, il travaillait dans un magasin du centre-ville de Montargis, deux jours par semaine. Dans cette boutique, on se souvient de quelqu’un de « plutôt sérieux et droit. C’était un bon vendeur, quelqu’un de posé, pas agressif. Il n’y avait aucun signe qui indiquait qu’il passerait de l’autre côté. Ça a été un choc. D’où est venu le déclencheur, on ne sait pas. »

« Ce n’était pas 
un dur. C’était 
même franchement 
une crème »

Vers la fin de son contrat, une salariée indique que « des absences injustifiées, des retards » avaient été constatés mais pour autant « son caractère n’avait pas changé ». Il aurait terminé son travail dans cette boutique au printemps.

Parallèlement à ses études et son travail, le garçon a évolué au sein de plusieurs associations sportives de l’agglomération de Montargis. « Il était au club avec son grand frère. C’était un gars bien, gentil, respectueux. On pouvait discuter avec lui. Ce qu’on lui disait, il le faisait », assure un membre de son ex-club. « Quand j’ai appris son départ, j’étais dégoûté. On m’a dit que c’était son grand frère qui était parti en premier. Lui, on avait plus de mal à le cadrer. »

Un autre membre du club va dans le même sens : « Le cadet était un licencié comme les autres, un jeune qui avait une vie scolaire, professionnelle, des loisirs. Il venait au club en loisirs. Il ne faisait pas de compétition. Lui, ce qu’il voulait, c’était maigrir. » Il se souvient d’un jeune homme calme, presque timide : « Ce n’était pas un dur. C’était même franchement une crème ». n

Aurélie Richard et Jean-Baptiste Dos Ramos 

Source: La Republique du Centre

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